Le début des temps modernes


Le Portugal et l’Espagne, qui avaient financé pour l’essentiel les premiers voyages des explorateurs, furent les premiers à en retirer un profit. Les conquistadores espagnols réussirent en quelques années à dominer les empires d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, ceux des Mayas, des Aztèques et des Incas. Le roi Philippe II tira un pouvoir extraordinaire du flot de richesses qui se déversa des Amériques sur l’Espagne, même si cela favorisa une « révolution des prix » (dévaluation rapide de l’argent et inflation à long terme). Héritier des terres des Habsbourg en Europe occidentale et aux Amériques, Philippe était également le défenseur de la foi catholique romaine.

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La Réforme et la Contre-Réforme


La Réforme débuta en 1517, quand Martin Luther proposa de débattre publiquement de ses quatre-vingt-quinze thèses. La rupture de Luther avec l’Église catholique aurait pu rester un événement isolé. Elle ne le fut pas car, d’emblée, Luther trouva les appuis nécessaires au sein de la noblesse allemande et des classes roturières. L’imprimerie permit une diffusion beaucoup plus rapide de ses écrits. Il fut impossible aux princes catholiques de contenir et de réprimer la Réforme. Ulrich Zwingli l’introduisit en Suisse. À Genève, Jean Calvin publia l’Institution de la religion chrétienne (1536), la première grande œuvre de la théologie protestante. Le calvinisme devint la confession protestante la plus militante sur le plan politique. Ce renouveau de la foi chrétienne entraîna une rupture profonde en Europe, qui perdura longtemps. Elle fut à l’origine des guerres de Religion en France, de la guerre des Paysans en Allemagne, de la formation sous l’égide de Guillaume d’Orange de la république des Provinces-Unies des Pays-Bas.

Incapable de préserver l’unité de la chrétienté en Occident, l’Église catholique n’abandonna pas pour autant le terrain aux protestants. Même s’il ne s’agissait pas d’une simple réponse au défi protestant, la Contre-Réforme traduisait la volonté de l’Église de renforcer son pouvoir et de revenir à une pratique religieuse débarrassée de ses scories. Le concile de Trente réaffirma les dogmes traditionnels, restructura les organismes constitutifs de l’Église et le culte, restaura la discipline ecclésiastique et se préoccupa de la formation du clergé (séminaires). Avec la Compagnie de Jésus, qui avait été fondée par Ignace de Loyola, la Contre-Réforme pouvait rivaliser avec les protestants sur le plan du dévouement et du militantisme.

La réforme

Calvin
Calvin

Les guerres de religion


En France, les guerres de Religion opposèrent catholiques et protestants huguenots pendant trente ans, jusqu’à l’accession au trône d’Henri IV en 1589. Henri se convertit au catholicisme romain, qui était la confession de la majorité de ses sujets. Ce roi, par une politique à la fois militaire et conciliatrice, put refaire l’unité du royaume en promulguant, en 1598, l’édit de Nantes, qui donnait aux protestants français un statut légal.

En Angleterre, le combat religieux participait également d’un effort plus large qui visait à arracher le contrôle temporel et spirituel de l’Église à Rome. Commencée par la dynastie des Tudor, cette politique fut menée à son terme sous le règne de la reine Élisabeth Ire et aboutit à la formation de l’Église anglicane.

La guerre de Trente Ans


La guerre de Trente Ans fut la dernière guerre religieuse et la première guerre moderne. Elle éclata en Bohême, où les Habsbourg, qui étaient catholiques romains, s’opposèrent aux Tchèques, qui étaient de confession protestante. Les feux de la guerre furent également entretenus par la Suède et le Danemark luthériens. Toutefois, cette guerre fut dès le début marquée par l’ambiguïté. Même si les passions eurent leur importance, la guerre était devenue en 1635 un conflit politique entre la famille des Habsbourg et celle des Bourbons.

Conscient du caractère précaire et tourmenté de son époque, le cardinal de Richelieu, prince de l’Église préoccupé avant tout par le pouvoir séculier, lança la France dans le conflit. À la fin de la guerre, la France apparaissait comme la plus grande puissance européenne et l’exemple même d’un État séculier en voie de centralisation.

L'absolutisme


Après la guerre de Trente Ans, l’absolutisme commença à prendre forme. L’État séculier et centralisé fut mis au service d’ambitions politiques universelles et il remplaça les conceptions et les institutions issues du système féodal.

Les efforts de Richelieu puis de Mazarin avaient fait de la France la première puissance moderne. En 1661, Louis XIV accéda réellement au pouvoir et il comprit que la conquête de nouveaux territoires n’était possible que par la mobilisation des ressources économiques et militaires de toute la nation. Même si les différentes guerres qu’il mena en Europe ne lui permirent pas de réaliser tous ses objectifs, les efforts entrepris à cette occasion n’auraient pas été possibles sans la politique économique mercantiliste de Colbert et la création d’une puissante armée permanente par Louvois. Le développement de la bureaucratie civile et militaire qui accompagna les grandes ambitions territoriales de la France prit une importance grandissante, de sorte que le roi devint en réalité le premier serviteur de l’État, alors qu’il avait le sentiment d’en être l’incarnation. Quant à l’aristocratie, elle fut contrainte de renoncer à sa puissance politique pour se transformer en une noblesse de cour.

L’État centralisé


D’autres monarques européens ne tardèrent pas à suivre l’exemple français. Le tsar Pierre le Grand consacra son énergie à faire de la Russie une grande puissance militaire. Dans le cadre de la modernisation de son pays, il créa une armée et une marine permanente, encouragea l’étude des techniques occidentales et veilla à ce que la noblesse se considère comme au service de l’État. Il prit également des mesures pour rationaliser l’administration. Ces efforts furent couronnés de succès quand la Russie triompha de la Suède lors de la seconde guerre du Nord (1700-1721).

Solidement installés dans leur nouvelle capitale de Saint-Pétersbourg, les tsars avaient désormais leur place sur l’échiquier politique européen. Plus tardivement, ce fut le cas de la Prusse, dont l’évolution historique se fit selon un schéma similaire : la guerre et les visées expansionnistes entraînèrent la concentration du pouvoir, la rationalisation des procédures administratives et la création d’une armée permanente.

Le refus de la centralisation du pouvoir fut synonyme de déclin politique tant en Pologne que pour l’Empire ottoman. Le maintien d’une indépendance aristocratique affaiblit à ce point la Pologne que celle-ci fut dépecée par ses voisins autrichiens, prussiens et russes, à l’occasion de trois partages (1772, 1793, 1795). Dans l’Empire ottoman, les Turcs, qui étaient autrefois les conquérants redoutés de l’Europe du Sud-Est, ne purent empêcher les janissaires et les autorités provinciales de s’emparer du pouvoir au détriment du sultan. Ainsi l’Empire se plaçait, en cette fin de XVIIIe siècle, à la traîne de l’Europe.

Pierre le Grand

Tsar Pierre le Grand
Tsar Pierre le Grand

Une vision séculière du monde


La sécularisation de la vie politique s’accompagna d’une laïcisation de la pensée. La révolution scientifique du XVIIe siècle jeta les bases d’une vision du monde indépendante des hypothèses et des catégories chrétiennes. Auparavant, Copernic puis Galilée avaient bouleversé par leurs découvertes la vision de l’univers issue des théories d’Aristote. René Descartes rejeta la scolastique, préconisa l’usage du doute méthodique et énonça les règles que la raison devait suivre pour « chercher la vérité dans les sciences ». Francis Bacon affirma la primauté de la connaissance scientifique dans l’explication du monde naturel.

Le physicien anglais Newton établit les bases de la mécanique moderne et la loi de la gravitation universelle. Au XVIIIe siècle, qualifié souvent de siècle des Lumières, les philosophes allèrent plus loin encore. Le matérialisme, oublié depuis l’Antiquité grecque, fut réaffirmé par le baron Holberg, tandis que dans l’Encyclopédie (1751-1772), qui représente le plus célèbre exposé de la pensée des Lumières, Denis Diderot (qui était responsable de l’édition), Jean Le Rond d’Alembert, Voltaire, Rousseau, Buffon contestèrent la vision religieuse du monde et l’emprise de l’Église sur les pensées.

Copernic

Copernic
Copernic

Les despotes éclairés


Les princes eux aussi subirent l’influence de la pensée politique et scientifique du siècle. Inspirés par les philosophes des Lumières, des souverains, comme Frédéric II de Prusse, Joseph II d’Autriche et Catherine II de Russie prirent pour idéal le roi-philosophe.

Les « despotes éclairés » s’efforcèrent, avec des succès divers, de mettre leur pouvoir au service du bien commun. En dépit de leur sincérité, ils réussirent simplement à renforcer le pouvoir de l’État. Ainsi, les particularismes historiques continuèrent-ils de s’affaiblir devant une uniformisation juridique et des réglementations administratives de plus en plus contraignantes. © Emmanuel Buchot. Sources utilisées Encarta et Wikipedia.

Frédéric II de prusse
Frédéric II de prusse

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