Les débuts du XXe siècle


Pour la plupart des Européens, les années 1871-1914 furent celles du progrès et de l’impérialisme colonial. La science avait apporté un peu de confort et de sécurité dans la vie quotidienne, notamment avec l’électricité ; le principe du gouvernement représentatif était largement accepté, et l’on était persuadé que la voie du progrès était toute tracée. Fières de leurs réalisations et convaincues que l’histoire leur avait attribué une mission civilisatrice, les puissances européennes transformèrent en colonies de vastes territoires en Afrique et en Asie.

Certains pensaient toutefois que l’Europe était au bord du gouffre. Le romancier russe Fedor Dostoïevski, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche, le fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud et le sociologue allemand Max Weber mirent en garde leurs contemporains contre l’optimisme facile et rejetèrent la conception libérale d’une humanité rationnelle. Les forces qui s’opposèrent alors au consensus libéral montrèrent que de telles prémonitions contenaient une part de vérité. Un regain d’antisémitisme bouleversa la vie politique de l’Autriche-Hongrie, de la Russie, où eurent lieu de nombreux pogroms, et de la France, qui avait été le premier État européen à accorder aux Juifs une complète et égale citoyenneté, et qui fut divisée par l’« affaire Dreyfus ». Ce regain contribua en retour à la formulation du sionisme par Theodor Herzl.

À mesure que la classe ouvrière augmentait en nombre et devenait une force organisée, les partis sociaux-démocrates exercèrent des pressions sur les gouvernements européens pour obtenir l’égalité des chances et des conditions de travail. Guillaume II renvoya Bismarck en 1890, mais aucun des successeurs de Bismarck ne réussit à préserver le système que celui-ci avait mis en place, et quand l’empereur abandonna la « Realpolitik » en faveur de la Weltpolitik (politique mondiale), l’Angleterre, la France et la Russie formèrent la Triple-Entente.

Romancier Dostoievski

Dostoievski
Dostoievski

La Première Guerre mondiale


Le danger allemand, associé à la rivalité russo-autrichienne dans les Balkans, engendra une situation que les dirigeants européens de l’époque se révélèrent incapables de résoudre par les voies diplomatiques. En assassinant l’héritier du trône des Habsbourg, l’archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914, le terroriste serbe Gavrilo Princip déclencha les systèmes d’alliance, qui, malheureusement pour l’Europe, fonctionnèrent parfaitement.

L’enthousiasme ou la résignation mesurée avec lesquels les Européens accueillirent la déclaration de guerre firent bientôt place à une grande lassitude, au fur et à mesure que les pertes grandissaient et que la guerre prenait de l’ampleur. Ce qui ne devait être qu’une guerre courte, achevée avant Noël, fut un affrontement sans pitié entre les peuples européens, qui dura quatre ans et huit mois et fit vingt-deux millions de victimes. Quand la Première Guerre mondiale s’acheva le 11 novembre 1918, les empires russe, autrichien et allemand s’étaient effondrés, et des générations entières de jeunes hommes avaient été fauchées par les balles et les obus. Les vaincus étaient exsangues, mais les vainqueurs étaient tout aussi épuisés par l’effort de guerre et, sans l’entrée en guerre des États-Unis, Français et Britanniques auraient certainement eu beaucoup de mal à terminer la guerre.

Archiduc Ferdinand

François Ferdinand
François Ferdinand
Première guerre mondiale
Première guerre mondiale - changement des frontières

La conférence de paix de Paris (1919) fut dominée par les personnalités de Georges Clemenceau et de Vittorio Orlando, les représentants de la France et de l’Italie, du président des États-Unis Woodrow Wilson et de David Lloyd George, le Premier ministre britannique. La France et le Royaume-Uni imposèrent lors des traités de Versailles et de Trianon, une paix des vainqueurs. Ainsi, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie et la Turquie furent-elles obligées de signer des traités de paix très durs, qui portaient en germes de futurs conflits. Le parti bolchevik de Lénine sortit vainqueur de la Révolution russe de 1917 et s’empara définitivement du pouvoir en Russie. Se référant à Marx, il appela le prolétariat à imposer sa dictature, pensant que le capitalisme disparaîtrait, victime de ses contradictions et céderait la place à un régime communiste universel.

L'entre deux guerres


Il existait pourtant quelques raisons d’espérer : la Société des Nations avait été créée, et le principe de l’autodétermination des peuples semblait triompher en Europe orientale. La Russie s’était débarrassée de l’autocratie tsariste et l’Allemagne était devenue une république. Les accords de Locarno furent signés en 1925. Cependant, malgré des hommes comme Aristide Briand, ministre français des Affaires étrangères qui se prononça en 1929 pour un « lien fédéral » entre les peuples d’Europe, et Gustav Stresemann, la SDN exerça une influence limitée, et les nouveaux États réunissant des peuples qui s’opposaient parfois depuis des siècles sur des questions de territoires firent resurgir les questions nationales. En Europe centrale, les minorités nationales furent intégrées, parfois contre leur volonté, dans les États-nations qui se créaient. Mais c’est sans doute le traité de Versailles qui eut une importance décisive. Il attribuait en effet la responsabilité de la guerre à l’Allemagne, et cette clause ne fut jamais acceptée par les Allemands. De plus, les Italiens se persuadèrent qu’ils avaient été lésés dans les partages résultant de la guerre.

Le totalitarisme


L’apparition du totalitarisme fut un des principaux événements de l’entre-deux-guerres. Exploitant le désarroi des esprits et la peur des classes possédantes, Benito Mussolini formula et instaura une dictature fasciste en 1922. Malgré les contradictions doctrinales du fascisme, Mussolini réussit à construire un État dictatorial fondé sur des éléments de nationalisme et de socialisme. En Allemagne, l’inflation et la crise de 1929 permirent à Adolf Hitler d’aller encore plus loin. La dictature qu’il instaura à partir de 1933 avec le national-socialisme sous le nom de IIIe Reich fut sans doute le régime politique le plus destructeur qu’ait connu l’Europe de l’Ouest.

Staline, le successeur de Lénine à la tête de l’État soviétique, considéra que la composante nationale du communisme était plus importante que son internationalisme. Défendant l’idée du « socialisme dans un seul pays », il mit en place une politique de collectivisation et un régime répressif d’une ampleur jamais vue. La politique de collectivisation des terres donna lieu à la déportation massive des koulaks, les paysans riches. Les débats au sein du Parti furent réduits à leur plus simple expression, et les opposants systématiquement pourchassés, assassinés ou envoyés dans les camps de travail, les goulags. Les purges culminèrent entre 1936 et 1938, quand la plupart des vétérans du Parti bolchevik et une grande partie des généraux de l’armée soviétique furent éliminés au cours des procès de Moscou.

La vigilance de Metternich ne permit pas de désamorcer les effets révolutionnaires de ces différentes idéologies et, entre 1815 et 1848, l’Europe fut secouée à trois reprises par des explosions révolutionnaires. Les révolutions de 1848 balayèrent presque toute l’Europe, n’épargnant que le Royaume-Uni et la Russie.

La Seconde Guerre mondiale


Devant l’agressivité croissante des États totalitaires et l’isolationnisme marqué des États-Unis, les démocraties se retrouvèrent en position défensive. Sous l’autorité d’Édouard Daladier et de Neville Chamberlain, la France et le Royaume-Uni adoptèrent une politique temporisatrice, qui fut un échec. Le pacte germano-soviétique, un traité de non-agression signé entre l’Allemagne et l’URSS qui prévoyait notamment le partage de la Pologne et l’annexion par l’URSS des États baltes, plongea les démocraties européennes dans la stupeur. L’invasion de la Pologne par les Allemands le 1er septembre 1939 obligea la France et le Royaume-Uni à déclarer la guerre à l’Allemagne, et l’Europe bascula dans la Seconde Guerre mondiale.

Les victoires rapides des armées allemandes en mai 1940 persuadèrent nombre de dirigeants européens, hormis quelques hommes comme Charles de Gaulle, qui lança un appel à la résistance dès le 18 juin, ou Winston Churchill, qu’Hitler allait imposer son « nouvel ordre » à l’Europe. Mais, en 1941, quand Hitler attaqua l’URSS et que les Japonais bombardèrent la base américaine de Pearl Harbor, l’URSS et les États-Unis s’allièrent à l’Angleterre.

Le tournant de la guerre se situa dans les années 1942-1943, après les batailles de Stalingrad, de Koursk et la chute de l’Italie de Mussolini. Après la bataille de Normandie, l’Allemagne et ses derniers alliés succombèrent. Au printemps de 1945, Hitler se suicida, et c’est une Allemagne dévastée qui se rendit aux Alliés.

Plusieurs dizaines de millions d’Européens avaient péri dans ce conflit d’une grande brutalité, et l’Europe découvrit avec stupeur les horreurs de l’holocauste perpétré à l’encontre du peuple juif par les nazis, qui avaient employé des moyens industriels de destruction à grande échelle de millions d’hommes dans les camps de concentration et d’extermination.

Chamberlain
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