L’après-guerre et la division Est-Ouest


Les visées soviétiques et américaines sur l’avenir de l’Europe divergeaient. La tension entre les deux puissances aboutirent à la guerre froide. Ayant subi d’énormes pertes pendant la guerre, l’URSS était décidée à établir une zone-tampon en Europe de l’Est. Entre 1945 et 1948, les partis communistes, soutenus par les Soviétiques, prirent le pouvoir dans les pays d’Europe centrale et orientale. L’Allemagne, qui est au cœur de l’Europe, fut divisée en zones d’occupation alliées, qui ne tardèrent pas à se transformer en deux entités politiques séparées. En 1949, les gouvernements de l’Allemagne de l’Est et de l’Allemagne de l’Ouest étaient en place, ce qui donna un caractère définitif au partage du continent, partage qui se traduisit concrètement par un rideau de fer installé par les pays communistes à leurs frontières.

Les États-Unis proposèrent un programme d’aide de grande envergure, destiné à accélérer le redressement de l’Europe (Programme de redressement européen). Rejeté par les gouvernements de l’Europe de l’Est dominés par les Soviétiques, le plan Marshall contribua largement au redressement économique de l’Europe de l’Ouest. La création de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949 concrétisa sur le plan militaire la coupure en deux camps de l’Europe

Drapeau de l'Otan

Drapeau de l'Otan
L'OTAN

L’URSS et l’Europe centrale


Les pays du Comecon et du pacte de Varsovie connurent eux aussi des crises politiques gravissimes, liées à la mise en place des démocraties populaires. En 1948, Josip Broz, dit Tito, quitta le Kominform et engagea la fédération yougoslave sur la voie d’un socialisme autogestionnaire et national. En 1953, l’année de la mort de Staline, les pénuries entraînèrent des émeutes ouvrières à Berlin-Est. En 1956, la Pologne connut aussi des troubles insurrectionnels qui portèrent Gomułka au pouvoir. La même année, l’insurrection hongroise fut une alerte encore plus sérieuse. Les armées du pacte de Varsovie durent intervenir contre le gouvernement d’Imre Nagy et des combats de rue ensanglantèrent Budapest pendant une semaine.

La déstalinisation divisa le camp communiste. L’Albanie d’Enver Hoxha resta seule en Europe à soutenir la République populaire de Chine, tandis que les Roumains, suivant l’exemple titiste, sous la direction de Nicolae Ceauşescu, s’écartaient à leur tour de la lourde tutelle soviétique. Périodiquement, les incendies se rallumèrent. En 1968, le pouvoir soviétique fut profondément contesté en Tchécoslovaquie, où le secrétaire général du Parti communiste, Alexander Dubček, entreprit de libéraliser la vie politique pendant le printemps de Prague. À nouveau, les troupes soviétiques et celles du pacte de Varsovie firent avorter cette expérience de « socialisme à visage humain ».

Josip Broz

Tito
Tito

Les décolonisations


Les nations européennes, en particulier le Royaume-Uni et la France, durent démanteler leurs empires coloniaux. Pendant les deux premières décennies de l’après-guerre fut entrepris un large processus de décolonisation, qui avait été en partie préparé par l’essor des mouvements nationaux en Asie, en Afrique et au Proche-Orient dans la période de l’entre-deux-guerres. Il ne se fit pas sans drame. La France livra deux guerres, dont les conséquences continuent de se faire sentir, au Viêt Nam (guerre d’Indochine) et en Algérie (guerre d’Algérie), le Royaume-Uni eut à faire face à la guerre des Mau-Mau au Kenya, et à la sécession de la Rhodésie, le Portugal dut lutter en Angola et au Mozambique contre de puissants mouvements de libération, la décolonisation de la colonie du Congo belge (l’actuelle République démocratique du Congo) se fit également dans le sang.

Ce repositionnement des anciennes puissances coloniales conduisit à une crise autant spirituelle que politique qui ébranla d’anciennes démocraties, comme en France où le général de Gaulle revint au pouvoir et fonda la Ve République, à la faveur de la crise algérienne.

L’Europe de l’Ouest


La reconstruction des démocraties d’Europe de l’Ouest achevée se posa le problème des relations avec les États-Unis. Certains États choisirent de suivre une politique d’indépendance nationale, comme la France, sous le régime de De Gaulle, qui devint président de la Ve République en 1958. Refusant la présence permanente de troupes américaines en Europe occidentale, de Gaulle mit fin à la collaboration militaire avec l’OTAN et choisit de développer la force française de dissuasion nucléaire. En raison des « relations privilégiées » que le Royaume-Uni entretenait alors avec les États-Unis, le président français opposa son veto à l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne (Marché commun). De Gaulle défendait l’idée d’une Europe qui s’étendait de l’Atlantique à l’Oural, et il se fit l’avocat d’une fédération souple d’États indépendants (l’« Europe des patries »). Cette vision fut combattue par ceux qui pensaient qu’une union restreinte était préférable dans un premier temps. Une première étape dans ce sens avait été franchie en 1951, quand la France, la République fédérale d’Allemagne et les Pays-Bas créèrent, à l’initiative de Jean Monnet et de Robert Schuman, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). L’étape suivante fut la signature du traité de Rome qui instaurait en 1957 la Communauté économique européenne. Ce marché commun fut un succès économique indéniable, même s’il n’évolua pas immédiatement vers une union politique de l’Europe occidentale, comme le souhaitaient certains de ses fondateurs.

La fin de la guerre froide


Au début des années 1980, la Pologne, avec le syndicat Solidarité, reprit le flambeau de la contestation. La déliquescence du régime était telle que l’armée polonaise, sous le commandement du général Jaruzelski, instaura la loi martiale avec le soutien des Soviétiques et emprisonna de nombreux opposants anti-communistes. Toutefois, vers la fin des années 1980, les conditions économiques en Europe centrale se détériorèrent si rapidement que les gouvernements communistes furent incapables de contenir la vague générale de contestation.

En 1989 et en 1990, des élections libres aboutirent à la formation de gouvernement de coalition en Pologne, en Hongrie et, très brièvement, en Tchécoslovaquie. Le rideau de fer mis en place à la fin des années 1940 par les régimes communistes fut progressivement démantelé, d’abord entre la Hongrie et l’Autriche. Vers la fin de l’année 1989, le mur de Berlin, construit par l’Allemagne de l’Est pour empêcher ses habitants de rejoindre Berlin-Ouest, fut abattu. Le régime de l’Allemagne de l’Est s’effondra et, en octobre 1990, l’Allemagne de l’Est (la République démocratique allemande) fut intégrée à l’Allemagne de l’Ouest (la République fédérale d’Allemagne). En Roumanie, le régime de Nicolae Ceauşescu fut renversé par un coup d’État organisé par l’armée.

En septembre 1991, l’URSS reconnut l’indépendance des trois républiques baltes : l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Quant aux autres républiques socialistes, leur indépendance fut également reconnue avant la fin de 1991, ce qui signifia l’effondrement de l’ancienne URSS. Celle-ci fut en partie remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI), qui fut créée en décembre 1991 par d’anciennes républiques soviétiques.

En Europe occidentale, la fin de la guerre froide souleva l’espoir d’une large coopération, et même de relations d’amitié, entre l’Est et l’Ouest. Ces perspectives furent toutefois assombries par l’instabilité politique croissante dans les anciennes républiques soviétiques et par le déclenchement de la guerre entre les Serbes et les Croates en Croatie, et entre les Serbes, les Croates et les Musulmans bosniaques en Bosnie-Herzégovine. En avril 1992, quatre des six républiques qui formaient la Yougoslavie avaient proclamé leur indépendance ; il s’agissait de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine et de la Macédoine. Les deux dernières républiques restantes (la Serbie et le Monténégro) restèrent unies et déclarèrent qu’elles formaient la nouvelle Yougoslavie. Toutefois, la communauté internationale refusa de reconnaître cette dénomination, et la guerre continua en 1993. Le 1er janvier 1993, la Tchécoslovaquie cessa d’exister pour former deux républiques distinctes, la République tchèque et la Slovaquie.

L’Union européenne


En 1993, l’Europe fut frappée par une récession économique et par un chômage important. La Communauté européenne avait décidé en 1985 par l’Acte unique européen, entré en vigueur en janvier 1993, la création d’un grand marché intérieur. Elle se transforma en novembre 1993 en Union européenne, à la suite du traité de Maastricht, ratifié en février 1992, qui prévoyait une union économique et monétaire devant aboutir au plus tard en 1999. En 1995, l’Autriche, la Finlande et la Suède devenaient des États membres de l’Union, où ils rejoignaient l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. En 2017, l'Union européenne comptait 28 pays.

Drapeau de l'Union Européenne
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