La révolution française


Vers la fin du XVIIIe siècle, la concentration du pouvoir entre les mains du monarque commença à être contestée. La réaction européenne à l’absolutisme fut renforcée par le succès de la guerre de l’Indépendance américaine, qui donna naissance à la république des États-Unis d’Amérique, et par l’essor de la bourgeoisie anglaise, qui accompagnait la révolution industrielle. Cette réaction se cristallisa d’abord en France en 1789 et, de là, elle s’étendit dans tout le continent au cours du siècle suivant.

La Révolution française transforma radicalement la politique, la société et l’idéologie de l’Europe moderne. Elle commença par une révolte aristocratique menée par les parlements et contraignit le roi Louis XVI à redonner vie au printemps de 1789 à l’assemblée des États généraux qui étaient tombés en désuétude. La fusion des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) en une Assemblée constituante souveraine, avec le soutien de la paysannerie qui prit les armes, lui donna une force irrésistible. En proclamant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en août 1789, l’Assemblée nationale constituante définissait aux yeux du reste de l’Europe les droits naturels imprescriptibles de l’homme et énonçait des principes de gouvernement dont la portée était universelle.

Le mouvement révolutionnaire aurait pu s’arrêter là. La France restait une monarchie de droit divin, mais avec un parlement représentant le peuple. Le refus par le roi d’entériner le nouvel état des choses et la menace d’une intervention étrangère en faveur de la royauté poussèrent à la guerre avec l’Autriche. Le parti des Jacobins se faisait entendre avec une force croissante ; à l’Assemblée législative (1791-1792), ils firent campagne avec les Girondins en faveur de la république en même temps qu’ils déclarèrent la guerre à l’Autriche (avril 1792). Quand les troupes françaises subirent leurs premiers revers, les ardeurs révolutionnaires s’échauffèrent : on proclama la patrie en danger et l’insurrection du 10 août 1792 provoqua la chute de la royauté. En septembre de la même année, la Convention nationale qui venait de se réunir proclama la république. Louis XVI fut exécuté le 21 janvier 1793. Cet acte scellait le destin de la France : aucun retour en arrière n’était plus possible.

La prise de la Bastille

La révolution française
La révolution française

La révolution française

Louis 16
Le roi Louis 16

Pendant les dix-huit mois qui suivirent, le pays fut gouverné par des hommes comme Robespierre et Saint-Just. S’appuyant sur les sans-culottes, les travailleurs manuels des villes, les Montagnards firent face à une guerre civile et à une invasion des armées étrangères. Le volontarisme révolutionnaire aboutit à la dictature du Comité de salut public qui déclencha la Terreur. Celle-ci marqua profondément les esprits, tant par le nombre des victimes que par l’étendue des arrestations. Entre les hommes arrêtés au hasard par une patrouille de l’armée révolutionnaire de Marat, au nobliau de province arrêté pour ses origines, au paysan de Vendée fusillé sur place, on estime qu’un Français sur quatre a été arrêté à un moment ou un autre.

L’expansion révolutionnaire se traduisit par des guerres de plus en plus larges contre une coalition de puissances européennes. Leur succès peut en partie être expliqué par l’instauration de la conscription en août 1793, qui apporta la preuve du potentiel militaire redoutable d’une nation en armes. Toutefois, les membres du Comité prirent peur et Robespierre fut arrêté et exécuté avec ses proches partisans le 10 thermidor (28 juillet 1794).

Le révolutionnaire

Robespierre
Robespierre

L’ascension de Napoléon


Le Directoire (1795-1799) qui suivit fut une période d’assimilation des éléments les moins controversés de l’héritage révolutionnaire. Un jeune général, Bonaparte, fomenta un coup d’État en novembre 1799 (18 brumaire), puis, pendant la période du Consulat (1799-1804), imposa son pouvoir personnel comme Premier consul. Il se proclama empereur des Français en 1804 sous le nom de Napoléon Ier. Le premier Empire fut à la fois l’épilogue de la Révolution française et le moment de son ancrage dans la société française. Indépendamment des guerres napoléoniennes (1799-1815), dans certains domaines, la France vécut pendant presque un siècle sur l’héritage napoléonien.

Libéralisme, nationalisme et socialisme

Après la défaite de Napoléon, les alliés victorieux se réunirent à Vienne, avec l’intention de rétablir l’ordre ancien (voir Vienne, congrès de). Se faisant le défenseur du principe de légitimité, Metternich, ministre autrichien des Affaires étrangères, permit aux Bourbons de revenir au pouvoir en France et renforça l’hégémonie des Habsbourg en Europe centrale. Cette politique réactionnaire ne pouvait cependant freiner l’évolution économique et sociale et les bouleversements entraînés par la révolution industrielle, pas plus que l’essor du libéralisme et du principe des nationalités ensemencé par l’idéologie révolutionnaire.

Romantisme et révolutions


Apparaissant comme les héritiers des Lumières représentants de la bourgeoisie moderniste, les libéraux européens se battirent pour l’avènement d’un nouvel ordre politique fondé sur la création de régimes politiques constitutionnels, la laïcisation de l’éducation et une économie de marché susceptible de libérer les forces productives du capitalisme. Leur impact fut réel mais concurrencé par des idéologies rivales. L’une des raisons de cette situation était l’indifférence relative des libéraux vis-à-vis de la « question sociale ». La naissance du socialisme fut une réponse à la mutation industrielle de l’Europe. Formulé de manière utopique par des hommes comme Charles Fourier, Henri de Saint-Simon et Robert Owen, le socialisme mit longtemps à s’affirmer. Préparé par la Révolution française, par Napoléon et par les écrits fondateurs de l’écrivain allemand Herder, le nationalisme romantique supplanta toutes les idéologies du temps, surtout à l’est du Rhin.

La vigilance de Metternich ne permit pas de désamorcer les effets révolutionnaires de ces différentes idéologies et, entre 1815 et 1848, l’Europe fut secouée à trois reprises par des explosions révolutionnaires. Les révolutions de 1848 balayèrent presque toute l’Europe, n’épargnant que le Royaume-Uni et la Russie.

Révolution industrielle et socialismes


C’est par un processus séculaire que l’Europe s’industrialisa. La révolution industrielle ne prit pas les mêmes formes partout : elle se fit plus tôt dans certains pays, plus tardivement ailleurs, plus rapidement au Royaume-Uni, elle fut parfois freinée profondément, comme en Russie. Elle n’a guère de point de départ précis. Le Royaume-Uni fut la première nation touchée. Lancée dans l’industrie du textile (invention de la mule-jenny par Samuel Crompton, du métier Jacquard), elle trouva ses moteurs dans le développement de la machine à vapeur, la naissance des chemins de fer. Elle permit au Royaume-Uni, à la Belgique et à l’Allemagne d’être jusqu’en 1914 les ateliers du monde.

Au même moment, les découvertes scientifiques s’accélérèrent, en même temps que leurs applications industrielles. Dans le domaine des idées, la pensée matérialiste progressa. La science ne tarda pas à devenir la référence inévitable et la garante d’une nouvelle croyance : celle du progrès linéaire de l’humanité. En 1851, l’Exposition universelle de Londres rendit hommage aux réalisations techniques du siècle. Darwin formula ses théories sur l’évolution. Marx et Engels posèrent les bases du socialisme « scientifique ».

L’Europe de Bismarck


En politique, les États qui n’étaient pas encore unifiés réussirent à s’émanciper. Entre 1850 et 1914, l’Italie, l’Allemagne et les États des Balkans (Monténégro, Bulgarie, etc.) connurent des processus d’unification et de libération nationale. En Italie, Cavour réussit là où Mazzini avait échoué. Grâce à l’aide de la France du second Empire, qui s’agrandit à l’occasion de la Savoie et du comté de Nice, il parvint à unifier son pays en mettant en œuvre une politique pragmatique aux antipodes des politiques révolutionnaires de 1848. Rejetant la politique révolutionnaire de Kossuth, le Hongrois Deák négocia des lois adaptées à la Hongrie dans le cadre de la monarchie des Habsbourg.

Bismarck réussit à unifier l’Allemagne, ce qui constitua l’événement le plus important des années 1850-1875. Convaincu que l’unité allemande ne pouvait se faire que par une politique belliciste, « par le fer, par le sang et par le feu », Bismarck combattit tour à tour le Danemark, l’Autriche (voir Sadowa, bataille de) et la France (voir Franco-allemande, guerre), afin de placer le nouvel État-nation allemand à la tête de l’Europe.

Bismark

Bismark
Sachsenwald Friedrichsruh Bismarck

Photos des pays d'Europe à visiter

Voyage photos en Turquie

La Turquie

Photos de l'Autriche

L'Autriche

Voyage en Pologne

Photos Pologne

Voyage en République Tchèque

Photos Tchèquie

Voyage en Hongrie

Voyage en Hongrie

Photos de l'Espagne

Photos Espagne

Voyage en Ecosse

Voyage en Ecosse

Partir en Croatie

Croatie

Photos Allemagne

Allemagne

Photos Portugal

Portugal