La fin de l'Empire romain


Evêque Ulfilas
Evêque Ulfilas

La fin de l’Empire romain d’Occident marqua la fin de la période de l’Antiquité. La période suivante, difficile à définir, que les historiens ont nommé Moyen Âge, dura mille ans, de 476 à 1492.

Vers le milieu du Ve siècle, les Goths, un peuple germanique, dominaient politiquement l’Occident. Au début du Ve siècle, les Francs étendirent leur pouvoir sur la Gaule et l’Italie devint un royaume ostrogoth, dont le premier roi fut Théodoric. Les tribus germaniques recherchaient des terres et des richesses, mais les Germains voulaient également vivre comme les Romains.

L’acculturation entre Romains et Barbares se fit d’abord par le biais de la religion. Les envahisseurs étaient tous païens quand ils arrivèrent en Occident. La christianisation ne fut pas le fait de l’Église catholique, qui se désintéressa des nouveaux arrivants, ce fut l’œuvre d’hommes comme l’évêque Ulfilas. Celui-ci était un partisan de la doctrine de l’arianisme, qui soutenait que le Christ était de nature humaine et non divine. En 380, cette doctrine avait été condamnée au concile de Constantinople comme hérétique. Les peuples germaniques s’y convertirent pourtant en masse. L’arianisme signifiait pour eux le passage du monde clanique au monde romain, à un ordre divin plus vaste, et à l’affirmation d’une identité religieuse propre au sein de la chrétienté. Il en résulta la création d’« Églises germaniques parallèles » qui coexistèrent avec l’Église catholique officielle sans trop de heurts.

L'empire byzantin


Justinien 1er
Justinien 1er

L’Orient avait été à peu près épargné par les invasions et l’Empire romain y subsistait, avec Constantinople pour capitale depuis 330. Ce déplacement du centre de gravité de l’Empire, dans les régions d’Asie Mineure romanisées tardivement, allait insensiblement modifier la nature de l’Empire romain d’Orient. L’élément grec y prit finalement le dessus sur l’élément romain. La séparation de l’Occident et de l’Orient en deux entités politiques séparées se produisit en 395 quand Théodose Ier légua à ses fils Arcadius et Honorius l’Orient et l’Occident, mais ce ne fut que beaucoup plus tard qu’elle devint définitive.

Toutes les composantes essentielles du byzantinisme furent visibles dès le règne de Justinien Ier, grand empereur du VIe siècle. Pour la première fois, le gouvernement fut uniquement composé de civils, dont les compétences professionnelles étaient reconnues. Les activités de ce gouvernement dépendaient du palais, et de l’empereur lui-même, ce qui était un point essentiel. Les lois romaines furent codifiées sous la forme de recueils systématiques (Digeste, Institutes). Les finances et la collecte des impôts furent centralisées. La politique religieuse de Justinien Ier contribua également à renforcer la centralisation. À une époque de querelles doctrinales et d’intenses conflits religieux, l’Empire romain devint l’Empire byzantin orthodoxe, et la religion de l’empereur devint la religion officielle de l’État.

Pendant les premières années de son règne, Justinien Ier se lança dans une reconquête de l’Occident. Le royaume des Vandales en Afrique tomba rapidement, de même que l’Espagne des Wisigoths et une grande partie de l’Italie. Toutefois, sous la pression continuelle des Perses Sassanides à ses frontières orientales, l’Empire byzantin dut rapatrier ses troupes et reperdit l’Espagne. En Italie, les armées byzantines durent reculer devant une seconde vague d’envahisseurs, les Lombards, et se replier vers Ravenne, Rimini et le sud de la péninsule. Les Avars puis les Slaves s’emparèrent de l’ensemble des Balkans.

Francs, Anglo-Saxons, Lombards


Un guerrier franc
Un guerrier franc. Source Wikipedia

La seconde vague d’envahisseurs germaniques marqua beaucoup plus profondément l’Europe. La conquête de la Gaule par les Francs fut une véritable colonisation armée de régions où existait un vide politique : la Gaule septentrionale était le refuge de la dernière armée romaine d’Occident, qui fut écrasée en 476. L’Angleterre fut occupée par les Angles et les Saxons, qui bouleversèrent le système de la villa romaine qui subsistait encore. La migration des Lombards fut d’une extrême violence au départ, puis prit la forme d’une colonisation moins dévastatrice.

L’importance de ces trois peuples dans l’évolution de l’Occident fut d’avoir fusionné les éléments germaniques et romains en profondeur. La langue franque légua cinq cents mots au vocabulaire français, le lombard trois cents à l’italien, tandis que la langue des Suèves, peuple qui fit partie de la première vague des invasions, ne légua que quatre mots à la langue portugaise. L’évolution la plus importante fut l’apparition d’un nouveau système agraire. Ni les Francs, ni les Lombards, ni les Anglo-Saxons ne cherchèrent à se concilier les propriétaires gallo-romains et romains. De nouvelles aristocraties se mirent en place, et avec elles de nouveaux rapports entre les hommes, la possession et le travail de la terre.

À la différence des autres Germains, les Francs n’étaient pas passés par l’étape intermédiaire de l’arianisme ; païens, ils furent convertis directement au catholicisme. La conversion des Francs Saliens commença véritablement après celle de leur chef de guerre, Clovis, et d’un grand nombre de ses sujets en 496. Clovis fut le premier roi de la dynastie des Mérovingiens. Il devint le chef suprême de tous les Francs grâce à ses nombreuses victoires sur d’autres peuples barbares, notamment à la bataille de Vouillé en 507 sur les Wisigoths d’Aquitaine, et également en assurant sa suprématie sur les autres petits royaumes francs.

Les Francs


À la mort de Clovis, en 511, les territoires francs furent partagés entre ses quatre fils, selon la loi coutumière des Francs Saliens. Au moment de leur mort, ils devaient également laisser leurs terres à leurs héritiers mâles, de sorte que l’époque mérovingienne fut caractérisée sur le plan politique par une alternance de périodes de division et de consolidation du pouvoir, notamment avec Dagobert Ier.

La période mérovingienne se termina au VIIIe siècle avec les « rois fainéants ». De plus en plus, le pouvoir était détenu non plus par le roi lui-même mais par le maire du palais, jusqu’à ce que le roi Childéric III et son fils unique soient emprisonnés en 751 par Pépin le Bref. Celui-ci fut le premier des Carolingiens à assumer le titre royal. Le « coup d’État » carolingien n’aurait jamais pu se produire sans l’aval du pape, dont Pépin le Bref avait sollicité l’avis sur l’étendue de ses fonctions, alors qu’une partie du pouvoir n’était plus entre les mains du monarque. Le pape lui répondit en se référant au passage de la Bible où David est consacré par le prophète Samuel, alors que le roi Saül est encore en vie : il suivit ce précédent et fit Pépin roi par la cérémonie du sacre. Le rite devait se perpétuer lors des règnes qui suivirent.

Portrait de Clovis

Clovis
Clovis

Charlemagne, un empereur européen


La fondation de Rome

Le plus grand des rois carolingiens fut Charlemagne, qui apparut, de son vivant même, comme une figure de légende et comme un mythe. Son règne marqua l’apogée de la puissance franque. Les Francs devinrent, grâce à une succession de conquêtes militaires, les maîtres de l’Occident et les garants de la puissance papale en Italie. Il triompha des Lombards en Italie, des Frisons au nord et des Saxons à l’est. Il annexa également le duché de Bavière et lutta contre les Maures du sud de la France. Il entreprit de renforcer son pouvoir sur ce vaste territoire.

Mais, plus que le gouvernement impérial, la véritable innovation de l’époque fut l’apparition des institutions fondamentales de la féodalité. La Gaule mérovingienne avait connu l’hommage lige au souverain et la donation de terres royales aux nobles, mais le système n’était pas unifié. Ce fut au temps de Charlemagne que l’on commença à établir en pratique un lien entre les donations de terre et les liens de service. Vasselage (l’hommage au suzerain) et bénéfice (la concession de terres) fusionnèrent lentement. Au IXe siècle, le bénéfice se confondit de plus en plus avec l’honneur, la charge publique. Le résultat fut l’apparition du fief, concession de terres assortie de pouvoirs judiciaires et politiques, en échange d’un service armé.

Portrait de Charlemagne

Charlemagne
Charlemagne

Charlemagne eut toujours ainsi à sa disposition une réserve d’hommes de guerre qui lui permettaient de contrôler, plus ou moins bien, ses territoires. Une classe de vassi dominici, les « vassaux du roi », qui tenaient leurs bénéfices de Charlemagne lui-même, se développa. La cavalerie lourde contribua à consolider le nouveau système. Les guerres incessantes dans des contrées lointaines ne pouvaient être le fait des paysans libres, qui pouvaient difficilement abandonner longtemps leurs alleux. Une fois les paysans fixés au sol, la guerre devint l’apanage d’une cavalerie noble, tandis que les paysans sédentaires devaient produire pour approvisionner les armées royales. Sur le long terme, il en résulta la dégradation des conditions de vie de la population agricole qui, si elle n’était pas encore reléguée au statut de serf, pouvait y sombrer.

La renaissance carolingienne


L’époque de Charlemagne est souvent appréhendée comme une période de renaissance. L’œuvre de conversion et de revivification de l’Europe de l’Ouest, commencée par le clergé irlandais, fut poursuivie par Charlemagne, qui trouva auprès de l’érudit anglais Alcuin un conseiller de qualité. La politique réformatrice des Carolingiens s’attacha à l’éducation du peuple, à la formation d’un clergé de qualité, c’est-à-dire sachant lire et écrire le latin et connaissant les Écritures. Cet aspect de son œuvre est indissociable de la consolidation politique et militaire du Royaume. La fondation de monastères, qui remplissaient également une fonction de colonisation dans les régions périphériques de l’Empire ou converties récemment, permirent ce renouveau culturel, intellectuel et religieux. Des abbayes comme celles de Corbie, en France, ou de Reichenau, sur le lac de Constance, furent des foyers culturels, des conservatoires du savoir antique et des traditions de l’Église, qui rayonnèrent bien après l’extinction de la dynastie carolingienne.

En définitive, les Carolingiens intégrèrent une partie de l’Europe dans leur royaume sur un plan à la fois territorial et culturel, avec une vigueur que l’on ne connaissait plus depuis l’Empire romain. Le jour de Noël 800, Charlemagne fut proclamé imperator et augustus par le pape. La renaissance carolingienne vécut là son heure de splendeur et de gloire. L’édifice ne survécut cependant pas longtemps à son créateur.

Les nouvelles invasions


Les dernières années du règne de Charlemagne furent marquées par des tensions politiques, qui se poursuivirent pendant le règne de ses successeurs. La division de l’héritage carolingien en trois royaumes par le traité de Verdun, en 843, sanctionna la fragilité de l’Empire carolingien.

À la fin du IXe et au Xe siècle, l’Europe fut le théâtre d’une troisième vague d’invasions. Les Vikings, des Scandinaves, et les Magyars, ou Hongrois, qui avaient traversé les plaines du Danube, envahirent les royaumes carolingiens. Remontant les fleuves avec leurs drakkars (suédois, « dragon ») de faible tirant d’eau, les Vikings, qui étaient aussi des marchands, assiégèrent Paris en 885-886, s’installèrent en Normandie, ravagèrent les côtes d’Angleterre, tandis que les cavaliers hongrois semaient la désolation en basse Autriche, en Alsace et dans certaines régions d’Allemagne.

De nombreux territoires furent laissés en friche, le commerce fut interrompu. La structure centralisée par Charlemagne commença à se lézarder. Les comtes, censés gouverner au nom du roi, s’émancipèrent de la tutelle royale. Dès 850, les bénéfices étaient devenus héréditaires, et vers 880, les vassaux du roi étaient passés sous la suzeraineté des seigneurs locaux héréditaires. C’est à ce moment que le terme de feudum, « fief », entra en usage.

Ce fut également l’époque de l’ascension des monastères bénédictins, qui possédaient des terres et bénéficiaient d’un réseau d’alliances féodales. Enfin, la papauté devint une puissance séculière à part entière, qui exerçait un pouvoir politique direct sur une grande partie de l’Italie du Nord et du Centre. Progressivement, la papauté mit également en place les rouages de l’autorité centrale sur les églises régionales et les monastères ; de plus, elle étendit considérablement son pouvoir politique dans toute l’Europe grâce à ses efforts diplomatiques et surtout par l’administration de la justice.

Les vikings

Les guerriers vikings
Les guerriers vikings. Source Wikipedia

L’époque féodale


Vers l’an 1050, l’Europe entra dans une nouvelle période de mutations importantes. La longue série des migrations germaniques et asiatiques s’était achevée. Entre le XIe et le XIIIe siècle, la population de l’Europe allait croître. La vie citadine, anémiée aux siècles précédents, connut aussi une croissance remarquable. De nouveaux circuits commerciaux se mirent en place et les tendances autarciques de l’économie s’atténuèrent. Dans certaines régions, comme la Flandre et l’Italie, une véritable révolution économique allait conduire à la naissance d’un capitalisme commercial.

Cet essor démographique et économique s’accompagna de la mise en place définitive de la féodalité et, sur le plan intellectuel, d’un remarquable mouvement d’idées. Le droit, religieux ou laïc, fut réorganisé. Rhétorique, logique firent l’objet de nombreuses recherches. L’art roman, entre la fin du Xe siècle et la seconde moitié du XIIe siècle, puis l’art gothique, du XIIe siècle au XVIe siècle, connurent de remarquables développements.

Des changements essentiels se produisirent également dans la vie spirituelle. De nouvelles fondations d’ordres religieux eurent lieu au XIIe siècle. Ce fut le cas des cisterciens, qui s’efforcèrent de purifier les traditions des monastères bénédictins, avec notamment saint Bernard de Clairvaux, et des ordres de moines mendiants, les franciscains et les dominicains, qui recherchaient l’adéquation entre l’idéal monastique et les conditions de la vie quotidienne. Sur le plan institutionnel, Grégoire VII, en mettant en place la réforme dite grégorienne, imprima une nouvelle orientation à l’Église d’Occident. Forte sur le plan temporel, la réforme visait à faire de l’Église une structure centralisée, une église monarchique et le concile devint un instrument de gouvernement.

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